Sélectionner une page

MÉTHODE

Ci-dessous un lexique des 20 procédés de style les plus courants, à apprendre pour pouvoir les exploiter dans une analyse de texte.

/!\ Vous pourrez ensuite tester vos connaissances avec ce quiz sur les figures de style /!\

NB : Ne sont pas présentés ici les procédés d’écriture particulièrement liés à un genre littéraire ; vous les trouverez dans d’autres articles : Vocabulaire du théâtre, Vocabulaire de l’argumentation


LES FIGURES JOUANT SUR LA RESSEMBLANCE

  1. Comparaison : elle rapproche deux termes (le comparé et le comparant) à l’aide d’un outil grammatical (comme, tel, semblable à, plus que / moins que, ressembler…).

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire (Apollinaire)
Le poète est semblable au prince des nuées (Baudelaire)

  1. Métaphore : elle rapproche deux termes sans outil grammatical.

L’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. (Flaubert)
Le gouffre de tes yeux, plein d’horribles pensées (Baudelaire)

NB1 : lorsqu’elle se développe sur plusieurs termes, on parle de métaphore filée.

Les défauts de l’âme sont comme les blessures du corps : quelque soin qu’on prenne de les guérir,
la cicatrice apparaît toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir.
(La Rochefoucauld)

NB2 : lorsqu’elle est passée dans le langage courant, on parle de cliché.

Fondre en larmes, les pieds de la chaise, des cheveux d’or, un cœur de pierre

  1. Personnification : elle attribue des caractéristiques humaines à un objet, un animal, une idée…

Tout hier, le soleil a boudé dans ses brumes,
Le vent jusqu’au matin n’a pas décoléré
(Laforgue)

  1. Allégorie : elle représente une idée abstraite sous une forme concrète (proche de la personnification). On la reconnaît souvent par l’emploi d’une majuscule (la Mort, l’Amour…).

L’Angoisse atroce, despotique / Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. (Baudelaire)

NB : Ce célèbre tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830), est aussi une allégorie :

Résultat de recherche d'images pour "delacroix la liberté guidant le peuple"


LES FIGURES JOUANT SUR LE REMPLACEMENT

  1. Métonymie : elle remplace un mot par un autre lié au premier par un rapport logique – la partie pour le tout (un fameux trois-mâts), le contenant pour le contenu (boire un verre), le lieu pour la fonction (il est candidat à l’Élysée), la matière pour l’objet (croiser le fer)…

(…) Tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d’horreur ;
il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore.
(Stendhal)

NB : la synecdoque étant un cas particulier de la métonymie, il n’est pas nécessaire d’apprendre ce terme (voir l’article synecdoque du site Études littéraires pour plus d’informations).

  1. Périphrase : elle remplace un mot par un groupe de mots, une expression qui forme le même sens.

Le métro, ce moyen de transport éminemment parisien, s’est endormi sous terre,
car les employés aux pinces perforantes ont cessé tout travail.
(Queneau)


LES FIGURES JOUANT SUR L’OPPOSITION

  1. Antithèse : elle oppose fortement deux mots ou groupes de mots, voire deux propositions ou phrases.

Je vis, je meurs, je me brûle et me noie.
J’ai chaud extrême en endurant froidure.
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.
(Labé)

  1. Oxymore : il réunit deux termes opposés à l’intérieur d’un même groupe de mots.

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. (Corneille)

  1. Antiphrase : elle exprime une idée par son contraire – c’est l’un des principaux procédés de l’ironie.

(…) homme d’un grand talent, et qui pouvait se vanter d’avoir tué
plus de soldats en un an que le canon n’en fait périr en dix.
(Voltaire)


LES FIGURES SERVANT À AMPLIFIER OU ATTÉNUER

  1. Hyperbole : elle consiste à exagérer pour mettre en valeur une idée, un objet, un sentiment…

Le voici. Vers mon cœur tout mon sang se retire. (Racine)

  1. Euphémisme : il consiste à atténuer l’expression d’une idée brutale, pour éviter de déplaire ou de choquer.

L’époux d’une jeune beauté / Partait pour l’autre monde. (La Fontaine)

  1. Litote : elle consiste à atténuer l’expression de sa pensée pour suggérer beaucoup plus que ce que l’on dit.

Ce garçon-ci n’est pas sot, je ne plains pas la soubrette qui l’aura. (Marivaux)

  1. Énumération : juxtaposition d’une série de termes de même valeur grammaticale. On peut également parler d’accumulation.

On lui fit un beau cheval de bois qu’il faisait parader, sauter, voltiger, ruer et danser en même temps,
aller au pas, au trot, à l’entrepas, au galop, à l’amble, au trot allongé, au trot anglais,
au pas de hongre, au pas de chameau ou d’onagre
.
(Rabelais)

  1. Gradation : énumération de termes d’intensité croissante ou décroissante.

C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! / Que dis-je, c’est un cap ?… c’est une péninsule ! (Rostand)


QUELQUES AUTRES PROCÉDÉS UTILES…

  1. Anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots au début de plusieurs propositions, phrases ou vers successifs.

Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome
, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome
qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome
enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! (Corneille)

  1. Parallélisme : répétition de la même construction dans plusieurs propositions ou phrases successives.

Présente, je vous fuis ; absente, je vous trouve. (Racine)

  1. Chiasme : deux expressions se suivent, mais les termes sont disposés de manière croisée (A – B / B’ – A’) – sorte de parallélisme inversé.

Il ne sert de rien d’être jeune sans être belle, ni d’être belle sans être jeune. (La Rochefoucauld)

  1. Apostrophe : elle consiste à interpeler directement une personne présente voire absente, ou même une chose, une idée…

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours !
(Lamartine)

  1. Parataxe : elle consiste à juxtaposer les propositions (sans lien de coordination ni de subordination).

J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé
au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude.
(Camus)

  1. Paronomase : elle consiste à employer côte à côte des mots dont le son est proche mais le sens différent.

Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage (Marbeuf)


COMPLÉMENTS

Vous aurez peut-être l’occasion de croiser lors de l’étude d’un texte en classe des figures un peu plus rares aux noms mystérieux : anacoluthe, anadiplose, hendiadyin, hypallage, hyperbate, polyptote, prosopopée, syllepse, zeugma… Pour en trouver les définitions précises, vous pouvez vous reporter aux deux sites suivants, qui m’ont aidée pour la rédaction de cet article :