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MÉTHODE

Quelques règles pour réussir son introduction sur le texte à l’oral de l’EAF :

– Ce sont les premiers mots que vous direz à l’examinateur et vous serez un peu stressés (normalement !), donc vous avez intérêt à la rédiger entièrement pour ne pas perdre le fil. Mais il faut la lire avec aisance, sans avoir le nez collé à votre feuille : écrivez très gros, utilisez une feuille entière !

– La structure doit être la même que celle d’une intro de commentaire à l’écrit, mais à l’oral elle sera un peu plus longue car vous parlez d’un auteur et d’un texte que vous avez étudiés au cours de l’année. Il ne faut pas toutefois dépasser une minute (sans compter la lecture du texte).

– Pensez bien à écrire en gros « LECTURE DU TEXTE » dans votre introduction pour ne pas l’oublier, ce qui arrive trop souvent aux candidats…

– ATTENTION : les introductions ci-dessous sont présentées en plusieurs paragraphes pour plus de clarté, mais à l’écrit du bac, l’introduction de commentaire doivent faire un seul paragraphe…

 

UN MODÈLE D’INTRODUCTION D’ORAL (année 2017-2018)

Voici un exemple d’introduction écrit à partir du travail de Julie (1re ES2). Vous pouvez vous en inspirer pour l’oral, mais il faudra l’adapter (la partie qui suit la lecture sera obligatoirement différente : votre problématique sera la question posée par l’examinateur, et vous devrez vous-même construire un nouveau plan pour y répondre).

Introduction sur la fable de La Fontaine « Le Chat, la Belette et le petit Lapin » (Séquence 1 – OE Argumentation)

Jean de La Fontaine a vécu sous le règne de Louis XIV. C’est un écrivain classique célèbre surtout pour ses Fables, publiées entre 1668 et 1694. Ce genre, inspiré de l’Antiquité, met en scène des personnages allégoriques, souvent des animaux, dans de brefs récits délivrant un enseignement moral.

Le livre VII appartient au second recueil des Fables, paru en 1678. Dédicacé à Madame de Montespan, la maîtresse du roi, il comporte des fables plus politiques et philosophiques que celles du premier recueil, et présente des sources d’inspiration plus variées : ainsi la seizième fable de ce livre VII, « Le Chat, la Belette et le petit Lapin », est imitée d’une fable indienne attribuée à Pilpay. À travers un conflit entre animaux pour la possession d’un terrier, La Fontaine y propose une critique du pouvoir, et particulièrement du roi.

[LECTURE DU TEXTE]

Nous nous demanderons comment cette fable dénonce le pouvoir.

Dans un premier temps, nous observerons qu’elle se présente comme une fable légère, puis nous montrerons qu’elle met en scène un débat juridique sérieux, et enfin nous étudierons la satire sociale et politique qu’elle propose.

NB : on pourrait proposer le même plan pour la question suivante : Dans quelle mesure cette fable est-elle sérieuse ?

 

UN MODÈLE D’INTRODUCTION D’ORAL (année 2016-2017)

Voici un modèle réécrit à partir des travaux proposés par Maëva, Noémie, Élise, Anaïs, Mariam, Khadyja, Yasmine, Wassima, Téo et Maxime (1re S2 / 1re ES1). Vous pouvez vous en inspirer pour l’oral, mais il faudra l’adapter (la partie qui suit la lecture sera obligatoirement différente : votre problématique sera la question posée par l’examinateur, et vous devrez vous-même construire un nouveau plan pour y répondre).

Introduction sur le sonnet 8 des Sonnets de Louise Labé (Séquence 1 – OE Poésie)

Louise Labé est une poétesse de la Renaissance. Fille de riches artisans cordiers, elle a reçu une éducation humaniste qui a fait d’elle une femme moderne, défendant la cause féminine et impliquée dans la vie littéraire de son temps. Elle a ainsi fait partie de l’École de Lyon, un cercle de poètes humanistes de cette ville qui était alors un foyer intellectuel et culturel important.

En 1555, elle a publié un recueil de vingt-quatre sonnets sur le thème de la souffrance amoureuse. On y reconnaît l’influence du poète italien Pétrarque, en particulier dans le sonnet 8, « Je vis, je meurs… ». En effet, ce sonnet multiplie les antithèses pour exprimer les émotions contradictoires suscitées par la passion.

[LECTURE DU TEXTE]

Nous nous demanderons quelles sont les caractéristiques du lyrisme amoureux de Louise Labé dans ce sonnet.

Dans un premier temps, nous verrons que ce poème est lyrique parce qu’il exprime une plainte personnelle. Nous montrerons dans un second temps que l’évocation poétique de l’amour est à la fois traditionnelle et originale. Enfin, nous verrons que le lyrisme amoureux permet aussi une réflexion sur l’homme inscrite dans son époque.

 

SIX MODÈLES D’INTRODUCTION D’ORAL (année 2015-2016)

Voici plusieurs modèles réécrits à partir des travaux proposés par Émilia, Divine, Cécile, Carole, Steffy, Morjiana et Ingrid (1re L). Vous pouvez vous en inspirer à l’oral pour les lectures analytiques des œuvres concernées, en adaptant :

  • Selon l’extrait sur lequel vous serez interrogés (la situation et le résumé du passage seront à modifier),
  • Selon la question qui vous sera posée par l’examinateur (après la lecture, problématique et annonce de plan seront donc forcément différentes).

 

1. Introduction sur Gargantua de Rabelais, Prologue (Séquence 1 – OE Humanisme)

François Rabelais est un homme caractéristique de la Renaissance. À la fois moine et médecin, cet humaniste érudit était aussi éditeur, mais reste surtout célèbre aujourd’hui pour avoir sa série de romans mettant en scène des géants issus du folklore populaire. Leurs aventures extraordinaires, souvent comiques, véhiculent toutefois un sens plus profond et l’on y retrouve tous les grands idéaux humanistes.

Dans le roman Gargantua, publié en 1535, Rabelais reprend le modèle du roman de chevalerie : il raconte l’enfance et la formation du héros, puis ses prouesses guerrières, jusqu’à la sagesse finale aboutissant à la construction d’une abbaye.

Les aventures du géant sont précédées d’une brève dédicace au Lecteur, puis d’un Prologue dans lequel l’auteur explique son projet. Rabelais nous invite, par une série de comparaisons, à nous méfier des apparences : certes, son œuvre paraît comique et légère, mais il ne faut pas s’arrêter au sens premier…

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons ce que ce Prologue nous annonce sur l’œuvre à venir.

Nous montrerons dans un premier temps que, par son style désinvolte et plaisant, ce Prologue nous annonce une œuvre comique. Mais nous observerons ensuite qu’une réflexion tout à fait sérieuse y est également présente, comme dans l’ensemble du roman. Dans un troisième temps, nous verrons que ce Prologue nous annonce finalement une œuvre humaniste.

2. Introduction sur la scène de rencontre dans Manon Lescaut de l’abbé Prévost (Séquences 3 et 4 – OE Roman)

Homme d’église du XVIIIe siècle, l’abbé Prévost a aussi été journaliste et traducteur, mais c’est surtout comme romancier qu’il est resté célèbre. Entre 1728 et 1731, il a publié les sept tomes des Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde, dans lesquels un aristocrate nommé Renoncour relate sa propre vie. Le septième tome, bientôt publié séparément sous le titre Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, est devenu le plus célèbre roman de Prévost.

Cette histoire d’amour est d’emblée placée sous le signe du tragique. En effet, dès le début, Renoncour rencontre des Grieux à deux reprises : la première fois, il suit Manon déportée en Amérique parmi des prostituées, la seconde, à peine un an plus tard, il en revient, car Manon y est morte. C’est alors que des Grieux lui raconte sa relation passionnée avec Manon, en commençant par leur rencontre, qui est pour lui un véritable coup de foudre.

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons en quoi ce récit de rencontre amoureuse est ambigu, voire faussé.

Nous étudierons en premier lieu la subjectivité de ce récit à la première personne, puis nous montrerons en second lieu qu’il s’agit d’un coup de foudre de mauvais augure.

3. Introduction sur « À la musique » de Rimbaud (Séquence 5 – OE Poésie)

Poète français de la fin du XIXe siècle, Arthur Rimbaud est devenu une figure presque mythique de la littérature, en raison de la précocité de son génie poétique : il a rédigé toute son œuvre, considérable, entre l’âge de 15 ans et de 19 ans.

Le recueil qu’on appelle aujourd’hui « Cahiers de Douai » est constitué des premiers poèmes qu’il a écrits, principalement lors de l’année 1870. Il s’agit pour le jeune Rimbaud d’une année capitale, pendant laquelle il fugue à deux reprises de Charleville, qu’il déteste, et où il vit avec sa mère des relations difficiles. C’est d’ailleurs lors de sa 2e fugue qu’il dépose le manuscrit des 22 poèmes réunis dans les « Cahiers de Douai » chez le poète et éditeur Paul Demeny. Ils ne seront finalement publiés que 17 ans plus tard.

« À la musique » fait partie de ces 22 poèmes. Composé de 9 quatrains d’alexandrins, le texte décrit le spectacle de la place de la gare les jeudis soirs à Charleville. En pleine guerre franco-prussienne, les bourgeois de la ville, les voyous, les soldats se promènent dans le square au son de la fanfare militaire, tandis que le tout jeune poète, à l’écart, observe les jeunes filles.

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous montrerons que ce poème exprime la révolte adolescente à travers un tableau satirique.

Dans un premier temps, nous montrerons que ce poème est composé à la manière d’un tableau, puis nous verrons dans un second temps que Rimbaud y propose une satire de la bourgeoisie, et enfin nous étudierons dans un troisième temps l’opposition entre être et paraître qui ressort de ce tableau.

4. Introduction sur « Anywhere out of the world» de Baudelaire (Séquence 5 – OE Poésie)

Charles Baudelaire est un écrivain du XIXe siècle, né en 1821 et mort en 1867. Connu surtout pour sa poésie, il était aussi journaliste, critique d’art et traducteur. En tant que poète, il se situe au confluent des grands mouvements du XIXe siècle : le romantisme, l’Art pour l’Art et le symbolisme.

Si Baudelaire est considéré comme le père de la modernité poétique, c’est certainement pour la nouveauté de son écriture dans son célèbre recueil en vers Les Fleurs du mal, mais aussi pour avoir adopté la forme nouvelle du poème en prose dans son recueil Le Spleen de Paris, publié en 1869.

C’est dans ce recueil que l’on trouve le poème « Anywhere out of the world ». Il s’agit d’un dialogue désespéré du poète avec son âme : il lui propose plusieurs lieux où vivre pour échapper au spleen, mais l’âme d’abord muette ne désire finalement que se rendre « hors du monde ».

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons comment ce poème en prose exploite le spleen du poète.

Nous montrerons en premier lieu que ce poème constitue une invitation au voyage paradoxale, puis en second lieu comment il exprime le mal être du poète. Enfin, nous analyserons en quoi ce poème renouvelle le lyrisme.

5. Introduction sur la scène 5 d’Incendies de Wajdi Mouawad (Séquence 6 – OE Théâtre)

Wajdi Mouawad, né en 1968, est un dramaturge, comédien et metteur en scène québécois d’origine libanaise. Il est actuellement directeur du Théâtre national de la Colline à Paris.

Incendies, créée en 2003, fait partie d’une tétralogie intitulée Le Sang des promesses. L’intrigue repose sur les dernières volontés d’une mère, Nawal, qui charge ses enfants de retrouver leur père et leur frère dont ils ignoraient l’existence.

La scène 5, intitulée « Ce qui est là », constitue le premier retour dans le passé par rapport à l’intrigue principale et nous fait découvrir Nawal, âgée de 14 ans, avec son amoureux Wahab. Ce retour en arrière est justifié par une révélation faite par le notaire aux enfants, dans la scène précédente : « Votre mère a connu votre père quand elle était très jeune. » Il est également préparé par les appels en écho de Nawal et Wahab, avant leur entrée en scène.

Cette échange amoureux entre adolescents est centré sur un aveu capital, que fait Nawal dans sa tirade initiale : elle attend un enfant de Wahab.

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons en quoi cette scène est fondatrice de la tragédie.

Nous verrons dans un premier temps que l’aveu est fortement dramatisé, puis nous étudierons dans un second temps le lyrisme amoureux de la jeune fille. Nous montrerons enfin, dans un troisième temps, que la tirade suggère une tragédie imminente.

6. Introduction pour le commentaire comparé de Ronsard et Queneau (Séquence 7 – OE Réécritures)

Pierre de Ronsard est un poète du XVIe siècle, appartenant comme Joachim Du Bellay à l’école de la Pléiade, visant à donner à la langue française une poésie aussi admirable que celle de l’Antiquité. Raymond Queneau, lui, est un écrivain du XXe siècle qui s’est illustré dans différents genres, et a fondé le mouvement de l’Oulipo, pour qui la création littéraire s’appuie sur des contraintes de style ou de langue. Le poème « Si tu t’imagines » de Queneau fait clairement référence à Ronsard. Il s’inspire plus particulièrement de l’une de ses odes, adressée à Cassandre, où il invite la jeune fille à profiter de la vie, reprenant le thème lyrique du carpe diem.

[LECTURE DU TEXTE DE RONSARD, PUIS ÉVENTUELLEMENT DE CELUI DE QUENEAU, jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons comment Queneau réécrit la célèbre « Ode à Cassandre » de Ronsard dans « Si tu t’imagines ».

Tout d’abord, nous montrerons que Queneau emprunte à Ronsard les éléments traditionnels du carpe diem. Mais nous verrons ensuite qu’il renouvelle ce thème avec un humour irrévérencieux. Enfin, nous verrons que ces poèmes, et plus particulièrement celui de Queneau, proposent une variation personnelle sur le thème rebattu du carpe diem.

 

DEUX MODÈLES D’INTRODUCTION D’ORAL (année 2014-2015)

Voici deux modèles d’introductions, réécrites à partir des travaux proposés par Samantha (1re STMG1), Doriane et Romain (1re ES2) : merci à eux !

Vous pouvez vous en inspirer, en sachant que la partie qui suit la lecture (problématique et annonce du plan) sera forcément différente le jour de votre oral (votre problématique sera la question posée par l’examinateur, et vous devrez vous-même construire un nouveau plan pour y répondre).

  1. Introduction sur l’extrait du Discours sur la misère de Victor Hugo

Victor Hugo est un grand écrivain français du XIXe siècle. Chef de file du romantisme, il s’illustre dans tous les genres : drames romantiques comme Hernani, poésie lyrique avec par exemple Les Contemplations, romans comme Les Misérables… Mais il est aussi un intellectuel engagé : il lutte dans ses écrits contre la peine de mort, le travail des enfants, ou encore la misère…

Ainsi, sous la Seconde République, Victor Hugo est député à l’Assemblée législative. C’est là qu’il prononce, le 9 juillet 1849, son célèbre Discours sur la misère, à l’occasion de l’ouverture d’un débat parlementaire concernant des lois sur l’assistance publique. Le début de ce discours est un état des lieux alarmant sur la misère en France, grâce auquel Hugo exhorte les députés à réagir.

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons ce qui fait l’efficacité de ce discours de Victor Hugo contre la misère. Dans un premier temps, nous observerons que ce propos est efficace car il est convaincant. Dans un second temps, nous verrons que l’art de la persuasion renforce cette efficacité. Enfin, nous montrerons que le caractère virulent de la dénonciation accroît encore l’efficacité de ce discours.

  1. Introduction sur L’Entretien d’un père avec ses enfants de Diderot (extrait p. 73-75 / l. 617-656)

Denis Diderot est un écrivain français des Lumières, qui a notamment été le maître d’œuvre de l’Encyclopédie. Il s’est illustré dans tous les genres : roman, conte philosophique, théâtre, critique d’art, et surtout dialogue philosophique.

C’est dans ce genre que s’inscrit L’Entretien d’un père avec ses enfants, publié en 1773. Cette œuvre sous-titrée « Du danger de se mettre au-dessus des lois » rapporte une conversation sur le thème de la justice entre le père de Diderot, ses trois enfants et divers visiteurs. Peut-on, dans certaines situations, décider de ne pas respecter la loi ?

Plusieurs exemples nourrissent la discussion, et principalement le cas de la succession du curé de Thivet. Le père de Diderot, chargé de s’en occuper, a failli brûler un testament douteux qui déshéritait une famille misérable au profit d’un seul homme déjà très fortuné. Mais il a finalement choisi de respecter la loi. Après avoir raconté cette histoire, le père débat avec ses deux fils sur la pertinence de sa décision. Diderot affirme que lui aurait brûlé le testament injuste, ou au moins tenté de l’attaquer en justice. Mais son frère l’abbé n’est pas d’accord…

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons pourquoi ce débat éveille l’intérêt du lecteur. Nous montrerons dans un premier temps qu’il s’agit d’un débat animé et vivant. Ensuite, nous verrons qu’il éveille également l’intérêt parce qu’il oppose deux frères aux points de vue contradictoires. Enfin, nous étudierons en quoi la figure ambiguë du père suscite la réflexion.

 

DEUX MODÈLES D’INTRODUCTION D’ORAL (année 2013-2014)

Voici deux modèles d’introductions réécrites à partir des travaux proposés par Elisa (1re S3) et Aminata (1re ES1) que je remercie vivement !

Vous pouvez vous en inspirer, en sachant que la partie qui suit la lecture (problématique et annonce du plan) sera forcément différente le jour de votre oral (votre problématique sera la question posée par l’examinateur, et vous devrez vous-même construire un nouveau plan pour y répondre).

  1. Introduction sur le texte 1 du chapitre « Des Cannibales » des Essais de Montaigne (Élisa)

Montaigne, né en 1533 et mort en 1592, est un écrivain, philosophe et moraliste de la Renaissance, célèbre pour son amitié avec La Boétie et sa grande culture antique.
Les Essais, son œuvre majeure, se présentent comme un autoportrait qui approfondit la connaissance d’un homme pour mieux connaître la nature humaine. C’est une œuvre humaniste, dans laquelle Montaigne prend du recul pour évoquer divers sujets en se débarrassant de ses préjugés. Son écriture est également originale : l’œuvre aborde ses sujets sans ordre apparent et son style avance, comme il le dit, « à sauts et à gambades », c’est-à-dire avec une grande liberté.
Le chapitre « Des cannibales » est consacré à un sujet d’une actualité brûlante. Montaigne n’est jamais allé dans le Nouveau Monde, mais il a lu des témoignages, et rencontré des voyageurs qui s’y étaient rendus. C’est pourquoi il peut réfléchir sur la découverte des tribus cannibales qui peuplent l’Amérique.
Après une introduction méditant sur la découverte d’un nouveau continent, Montaigne explique que les Indiens ne nous paraissent « sauvages » qu’à cause de nos préjugés. Pour mieux le montrer, il décrit précisément leur mode de vie, puis s’intéresse à leurs coutumes guerrières et à ce qui peut nous paraître le plus choquant : leur cannibalisme.
Dans notre extrait, il explique l’anthropophagie des Indiens et la compare avec des pratiques européennes qui vont se révéler plus barbares encore.

[LECTURE DE L’EXTRAIT jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

On se demandera comment Montaigne remet en cause les préjugés culturels du lecteur à travers cette réflexion sur le cannibalisme.
Dans un premier temps, on étudiera l’efficacité de ses stratégies argumentatives.
Dans un second temps, on montrera comment ce texte vise à renverser nos préjugés sur le cannibalisme des Indiens.

  1. Introduction sur la scène d’exposition du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux (Aminata)

Marivaux est un célèbre dramaturge français né en 1688 à Paris. Il a suivi des études de droit, mais assez vite il a choisi de se consacrer entièrement à la littérature. Il s’est essayé à différents genres comme le roman, le journalisme, et surtout la comédie, écrivant de nombreuses pièces pour les Comédiens-Italiens.
Ainsi son œuvre Le Jeu de l’amour est du hasard a été représentée pour la première fois par la troupe des Italiens en 1730. Elle réunit tous les aspects des comédies de Marivaux : travestissement, thème de la naissance de l’amour et réflexion sur la société.
L’intrigue de la pièce nous fait réfléchir notamment sur le mariage arrangé : en effet Silvia s’inquiète d’épouser Dorante sans savoir quel genre d’homme il est. Alors pour l’observer, secrètement, elle décide d’échanger de rôle avec Lisette , sa femme de chambre. Toutefois Dorante de son côté a la même idée et échange son statut avec celui de son valet.
La scène d’exposition présente une discussion engagée entre Lisette et Silvia, où cette dernière reproche à Lisette d’avoir dit à son père , Monsieur Orgon, qu’elle était contente de se marier. Dans cet entretien les deux jeunes femmes vont exposer leurs opinions opposées à propos du mariage et les caractéristiques d’un bon époux.

[LECTURE DU TEXTE jusqu’à ce que l’examinateur vous interrompe]

Nous nous demanderons, suivant la question posée, en quoi cette scène d’exposition met en place les enjeux de la comédie.
En premier lieu, nous étudierons la force dramatique de cette scène très vivante.
En second lieu, nous observerons, dans le débat entre deux classes sociales différentes, la mise en place d’un enjeu sociologique.
Enfin nous montrerons que Marivaux introduit un enjeu littéraire dès le début de son œuvre qu’il situe entre tradition et modernité.